Centre d'Orientation pour Etudiants Arméniens - COPEA
Centre d'Orientation pour Etudiants Arméniens - COPEA

Pôle arménité

L’arménité n’est pas seulement mémoire de la souffrance et soif de justice : c’est un héritage épanouissant dans lequel la nouvelle génération des Français d’origine arménienne puise pour grandir.

 

L’arménité est une histoire d’amour, une fierté que la jeunesse veut faire vivre, partager et transmettre.

 

LA CULTURE ARMENIENNE « Un peuple qui ne connaît pas son passé, ses origines et sa culture ressemble à un arbre sans racines » - Marcus Garvey. 

 

LA PRODUCTION INTELLECTUELLE : Les Cahiers d’Etudes du Centre d’Orientation Pour Etudiants Arméniens (C.O.P.E.A.) sont un ensemble d’articles à vocation scientifique, rédigés par des étudiants en cycle universitaire avancé ou par des spécialistes des matières concernées.   

 

LA CAUSE ARMENIENNE « Ceux qui ne connaissent pas leur histoire s’exposent à ce qu’elle recommence » - Elie Wiesel - Prix Nobel de la Paix 1986   

 

VERS L’ARMENIE  Opération Livres pour l’Arménie.  Actions humanitaires 

Le fils du marchand d'olives

 

COPEA assistait à l'Avant-première du film documentaire "Le Fils du Marchand d'Olives" .

 

Pour leur voyage de noce, Mathieu Zeitigioglu et Anna sont partis en Turquie. Un road trip à travers le pays, marqué par des rencontres, mêlant animation, film d’investigation et documentaire historique pour rapporter la vision que se font les Turcs sur la tragédie de 1915. 

 

Jeudi 5 avril 2012 à 20h COPEA assistait à l'avant-première du film - 10€ ( 7€ pour les étudiants). En présence de l'équipe du filmPublicis Champs-Elysées, 129 Avneue des Champs-Elysées, 75008 Paris.

 

COPEA a reçu le réalisateur Mathieu Zeitigioglu dans son émission de radio le 29.05.11.

Théâtre Scribe en faveur de l'Arménie

 

L'association SCRIBE PARIS jouait du 24 mars au 15 avril 2012 la pièce "Témoin à charge d'Agatha Christie". Chaque année, l'association Scribe Paris présente une pièce de théâtre dont les fonds récoltés à l'issue des représentations servent à financer des bourses d'études pour des étudiants arméniens du Haut-Karabagh. Entrée libre. Chapeau à l'issue des représentations.

 

COPEA est allé soutenir cette initiave en organisant une friday cup théâtre. Plus d'infos sur : www.scribeparis.org.Bande annonce :http://youtu.be/lOsaxlzwy1gRéservations sur :http://resas.scribeparis.org/. 

 

COPEA a reçu l'association SCRIBE dans son émission de radio le 24.03.12.

Entre L’Orient et l’Occident

 

Théâtre Marigny-Robert Hossein - 23 mars 2003

 

Un spectacle écrit et interprété par Vartan Petrossian

Mise en scène de Ani Hamel au théâtre Marigny-Robert Hossein-Salle Popesco- Carré Marigny- 75008 Paris

 

Kissani Production présente pour quatre représentations exceptionnelles le plus célèbre artiste humoriste d’Arménie, Vartan Petrossian .

 

Après son triomphe cet été aux Etats-Unis, au Bristol Riverside Theatre en Pennsylvanie, Vartan Petrossian nous a présenté son tout nouveau spectacle, en français, « Entre l’Orient et l’Occident ».

 

Ce one man show fut un magnifique voyage à travers des sketches, des chansons, des parodies satiriques humoristiques. Il était une fois le monde, dans le conflit actuel entre l’Orient et l’Occident………Il était une fois l’Arménie, située au sein de ce conflit perpétuel………Il était une fois l’arménien, mi-oriental, mi-occidental….

Ani, capitale en l’an mil

 

Ani, capitale de l’Arménie en l’an mil

Forum des Halles - avril et mai 2001


Cette exposition au Pavillon des Arts (Forum des Halles, Paris) a présenté une typologie complète de la cité médiévale d’Ani.Abandonnée depuis la fin du XIVème siècle, le site a gardé une bonne part de ses secrets et n’a été fouillé qu’à partir de 1892 (jusqu’en 1917) par une équipe russo-arménienne.

 

Ce sont les pièces majeures recueillies au cours de ces campagnes, actuellement conservées au Musée d’Histoire d’Arménie, à Erevan, qui ont été présenté ici : environ une centaine d’objets divers en cuivre, bronze, céramique, terre cuite, faïence, bois, os et pierres semi-précieuses (objets de culte ou ustensiles de la vie quotidienne), représentatifs d’un artisanat et des goûts du temps.

 

Ont été également exposé une vingtaine de manuscrits des Xlème - XIVème siècles, illustrant l’évolution de l’art de la miniature de l’école d’Ani, ainsi que les témoignages des historiographes médiévaux sur le destin d’Ani et sa vie intellectuelle.

 

Enfin des gravures du XIXème siècle, des agrandissements de photographies anciennes (1875-1917) ont permis de prendre connaissance du site et de ses principaux édifices et de se faire ainsi une idée de la tradition architecturale arménienne.

Les 12 capitales d’Arménie

 

COPEA organise une sortie "culturelle" le dimanche 14 Janvier à la Conciergerie pour voir l’exposition sur les 12 capitales d’Arménie.


Rendez-vous devant l’’entrée à 14h00. Le tarif est de 8€ et 6€ pour les étudiants (n’oubliez pas vos cartes). Métro Chatelet ou Hôtel de Ville.

Richard Kalinoski, Beast on the Moon

 

Né dans le Wisconsin aux Etats-Unis, il vit à Rochester dans l’état de New York. Etudiant à l’American Film Institute à Los Angeles, il obtient son diplôme en écriture dramatique à Carnegerie-Mellon University.

 

Il enseigne dans trois états différents dans des Publics Schools, avant de se voir confier la direction des Etudes anglaises au Nazareth College de Rochester.

 

En 1992, il reçoit le prix du Massachussetts et en 1993 celui de la Caroline du Sud pour l’écriture dramatique.Ecrite deux ans plus tard, Beast on the Moon est classée " l’une des dix meilleures productions de l’année par le Philadelphia Inquirer ". 

 

Pour écrire cette pièce, l’auteur s’est inspiré du témoignage de la famille de sa femme, elle-même d’origine arménienne. Saluée par le public et la critique, Beast on the Moon a été présentée dans plusieurs états des Etats-Unis ; elle est montée par d’autres productions au Canada en Europe et à Moscou.

Titus Andronicus

 

De William Shakespeare Théâtre National de Chaillot


Traduction et mise en scène de Simon Abkarian Assistant à la mise en scène Pierre Ziadé Scénographie Noëlle Ginefri Costumes Jette Kraghede Décor et conseillières aux costumes Noëlle Ginefri Lumière Jean-Michel Bauer Conseillère artistique pour la danse Suzanne Linke Travail chorégraphique Catherine Schaub Abkarian Travail musical Macha Gharibian

 

Avec 
Simon Abkarian, Georges Bigot, Laurent Clauwaert, Marie Desgranges, Philippe Ducou, Macha Gharibian, Brontis Jodorowsky, Hagop Kalfayan, Jocelyn Lagarrigue, Olivier Mansart, Julien Maurel, Catherine Schaub Abkarian, Igor Skreblin, Hichern YacoubiEt les enfants : Djivan Abkarian, Lucas Humbert et Ronan ThieblemontProduction : Théâtre National de Chaillot , Théâtre du Nord - Centre Dramatique, National Lille-Tourcoing, Théâtre du Jeu de Paume - Aix-en-Provence, Compagnie Tera

 

La loi du talion

Comédien et metteur en scène, Simon Abkarian a constitué un noyau d’acteurs avec lequel il travaille dans un esprit de recherche et de création. Avec eux, il présente en 1998 Peines d’amour perdues de Shakespeare, en 2000 L’Ultime Chant de Troie d’après Euripide, Eschyle, Sénèque et Parouïr Sevak.Ancien membre du Théâtre du Soleil dirigé par Ariane Mnouchkine, il travaille par la suite avec Irina Brook dans Une bête sur la lune (Molière du meilleur comédien 2001) de Richard Kalinoski et avec Silviu Purcarete, Paul Golub, Simon McBurney...Au cinéma il travaille avec Cédric Klapisch, Marie Vermillard, Michel Deville, Atom Egoyan, Jonathan Demme ou Sally Potter. Depuis 2002 il dirige une classe d’improvisation au Conservatoire National d’Art Dramatique. Aujourd’hui, avec son équipe, il se confronte à la pièce la plus sanglante de William Shakespeare, Titus Andronicus.

 

Simon Abkarian

"En parlant de la pièce avec les acteurs, le mot "cauchemar" revient sans cesse dans nos conversations. Il faut nous rendre à l’évidence, nous allons entrer dans cette histoire par la porte de l’inconscient. C’est de là que viendra la forme du spectacle. C’est un enfant qui ouvrira cette porte, Lucius, le petit-fils de Titus.Comme dans mes précédents travaux, la musique, la danse, le chant seront là, car pour moi le théâtre c’est aussi une célébration, une fête. Certes nous pourrions raconter l’histoire des "gentils" Romains et des "méchants" Goths.

 

Mais ce n’est pas si simple. Les guerres engendrent des vaincus qui ont le droit de se taire et des vainqueurs qui imposent leur loi. Si tous les peuples tendent vers un bonheur hypothétique, c’est dans une violence indéfectible - et cette pièce nous le montre bien - qu’ils se rencontrent. Dans le sang qui coule à flot, Romains et Barbares se confondent : les uns deviennent le reflet des autres. Aujourd’hui, on nous montre ce qu’on veut bien nous montrer et nous voilà soumis au diktat des images qui manipulent nos imaginaires.

 

Le théâtre nous offre un champ de visions libres de tout arbitraire. Le théâtre est le monde des choses cachées. Comment se fier à ce que l’on voit ?"

Biographie de Hrant Dink

 

Hrant Dink naît le 15 septembre 1954 à Malatya. Son père, Sarkis Dink, plus connu sous le nom de Hashim le tailleur, était originaire de cette région, aux marches de l’Anatolie orientale.


Ce qui incarne sans doute le mieux la philosophie de vie de Hrant Dink se trouve dans le prénom de sa mère, Gülvart : « Vart » est la traduction arménienne du mot « gül », qui, en turc, signifie « rose ».Ce prénom donné à sa mère symbolise ainsi de la plus belle façon le « vivre ensemble » qui sera l’essence même de son combat.Alors qu’il a 7 ans à peine, Hrant quitte Malatya pour Istanbul avec ses deux petits frères à cause de la passion dévorante de son père pour le jeu. Ne supportant plus son mari, la mère du petit Hrant décide de le quitter, abandonnant au passage ses trois enfants, que leur père ne veut plus voir.Laissés à leur propre sort, les trois frères vont errer pendant trois jours avant d’être retrouvés endormis, affamés et misérables à Kumkapi (quartier d’Istanbul).

 

L’étape suivante sera pour eux l’orphelinat arménien du quartier de Gedikpasha (à Istanbul), où Hrant Dink va passer dix années. Un jour, on amena à l’orphelinat une dénommée Rakel. Elle était issue d’une famille dont les parents s’étaient réfugiés en 1915 dans les monts Djoudi (Sud-Est anatolien, en plein pays kurde), d’où ils n’étaient redescendus que des dizaines d’années plus tard.Rakel était une Arménienne kurdisée. Elle ne parlait ni le turc ni l’arménien. Hrant devient alors pour elle une sorte de grand frère, qui lui apprend le turc et l’arménien, et qui l’épousera quelques années plus tard.Avec son épouse, Rakel, il s’occupe d’une école arménienne pour enfants orphelins venus d’Anatolie, comme lui et sa femme. Mais, après vingt et un ans d’une expérience sociale inédite, l’Etat turc décide de récupérer à son compte cette initiative, sur laquelle il met donc la main.

 

Jusque-là, Hrant Dink n’avait jamais vraiment senti qu’il appartenait à une minorité. Mais, lorsque, en un instant, l’école, qui servait de refuge à des centaines d’enfants, lui est retirée, il commence à prendre conscience d’une certaine réalité.Pendant les huit mois qu’il passe dans l’infanterie à Denizli (ouest de la Turquie), il ne parvient pas à accéder au grade de sergent, rang qu’ont atteint tous ses compagnons de régiment. Voyant qu’il n’obtiendra jamais ce grade, pour lequel il a pourtant réussi toutes les épreuves, il ressent alors vraiment le poids d’une discrimination qui l’affecte profondément.

 

Ces événements le poussent à réfléchir sur son identité.Cette situation est le résultat d’un long processus. Outre ce qui s’est passé en 1915 et en 1942 avec l’affaire de l’« impôt sur la fortune » (le gouvernement turc taxe alors arbitrairement les minorités du pays, dont les Arméniens ; les récalcitrants sont envoyés en camp de travail ; malgré la suppression de cet impôt, la confiance est rompue entre les minorités et l’Etat), la pression commence à s’exercer sur les minorités et, par conséquent, sur les Arméniens, avec l’apparition de la question chypriote (pogroms antigrecs de 1955, qui touchent aussi les Arméniens).Voilà donc le cheminement qui conduit Hrant Dink vers la création de l’hebdomadaire Agos, dont il devient le rédacteur en chef,  publié en turc (et en arménien), dont le tirage est passé de 1 800 à 6 000 exemplaires et qui compte maintenant autant de lecteurs turcs qu’arméniens.

 

Hrant Dink devient alors ce journaliste que chaque académicien, chaque politique essaie de joindre dès lors qu’il veut établir un contact avec la communauté arménienne. Si on organise en Turquie une conférence consacrée à la question arménienne, c’est le premier intervenant à qui l’on pense.Il symbolisait en Turquie, dix ans après le lancement d’Agos, la réussite d’Arméniens de Turquie qui sont parvenus à devenir des acteurs laïcs de la société civile turque. Selon lui, Agos ne s’occupe plus seulement des questions relatives aux Arméniens de Turquie, il s’affirme désormais comme un acteur de la démocratisation du pays.

 

Poursuivi à de nombreuses reprises par la justice turque pour ses différentesprises de position concernant la question arménienne et son affirmation du faitde génocide, Hrant Dink a été inculpé pour « insulte à l’identité turque »,tombant sous le coup du fameux article 301 du code pénal turc qui limite laliberté d’expression et dont l’abrogation est exigée par la commissioneuropéenne dans le cadre des négociations d’adhésion.

 

Récemment distingué par la Norvège, où il avait reçu le prix de l’académieBjornson décerné à ceux qui se battent pour la littérature et la libertéd’expression, et retenu pour avoir précisément tenté de faire la lumière sur legénocide arménien en Turquie, Hrant Dink était dans l’attente d’un nouveaujugement.Le directeur du journal bilingue Agos a toujours été dans la ligne de mire des nationalistes turcs mais l’année dernière, les efforts de ces derniers se sont intensifiés : « Ces poursuites ne me surprennent pas. Ils veulent me donner une leçon parce que je suis Arménien. Ils essaient de me réduire au silence. »

 

Hrant Dink a été assassiné à Istanbul, le vendredi 19 janvier 2007 , aux environs de 14h, heure de Paris.Pris sous les balles d’un assaillant alors qu’il sortait des locaux de son journal, il est décédé sur le coup.Sa disparition nous plonge tous dans une profonde tristesse.C’est au prix de sa vie que ce grand homme a défendu les valeurs auxquelles il était fortement attaché.Hrant Dink restera un grand défenseur des Droits de l’Homme qui hélas nous a quitté beaucoup trop tôt…

Prunus Armenica

 

d’après Paradjanov Théâtre de Genevilliers - Janvier 2001

 

Au dire des connaisseurs, la prune d’Arménie possède un goût raffiné inconnu des abricots européens auxquels elle ressemble.A l’instar de cette précieuse saveur, Xavier Marchand et Olivia Granville ont concocté sept subtiles miniatures, inspirées de leur découverte du monde fantasque de Paradjanov.

 

En témoin du patrimoine culturel arménien, un choix d’objets symboliques détermine une chorégraphie théâtrale qui s’illustre en 7 thèmes conceptuels : La vente aux enchères, l’enfance, la légende, le procès, l’enfermement, la lamentation, le dépouillement.

 

Une distribution à parité franco-arménienne développe en une intimité feutrée, les origines musicales, littéraires, picturales du peuple arménien confronté aux affres de l’histoire.

 

Tact, précision, sobriété imprègnent ce spectacle écrit, dirigé, interprété à l’intention d’une acuité de tous les sens artistiques.Les comédiens-danseurs s’entrecroisent en un ballet où les mots effleurent les corps, alors que bande son et instrument acoustique s’enlacent au fil des tableaux.

Une bête sur la lune


Théâtre de l’Oeuvre - Mars 2001 - Auteur : Richard Kalinoski 

Mise en Scène et réalisation : Irina BrookAvec Simon Abkarian (Aram Tomassian), Corinne Jaber (Seta Tomassian), Beppe Clerici (Le vieux monsieur), Antonin Hoang (Vincent)

 

5 Molières 2001* Meilleur comédien : Simon Abkarian* Meilleure comédienne : Corinne Jaber* Meilleure pièce du répertoire * Meilleure mise en scène * Meilleure adaptation

 

Synopsis

Il y a des trous à la place des têtes. Il veut remplir ces trous. Aram s’est donné un but :faire à tout prix des enfants avec Seta afin de fonder une famille qui pourra remplacer celle qu’il a perdue. Mais Seta n’arrive pas à être enceinte ;les médecins disent qu’elle est stérile. Pour Aram, tout espoir d’avoir une famille est brisé. Peu à peu, un gouffre se crée entre eux deux. Ils commencent à vivre chacun leur vie. 

 

Un jour, Seta amène chez elle Vincent, un garçon de 12 ans qu’elle a trouvé dans la rue, en train de voler. Elle lui donne à manger et l’habille avec les vêtements d’Aram. Une relation se crée entre eux. Vincent vient régulièrement à la maison quand Aram n’est pas là. Jusqu’au jour où Aram le surprend à la maison et le met à la porte. Une dispute éclate entre Aram et Seta.

 

Pour la première fois, Seta exprime sa solitude dans le couple, ce qui pousse Aram à s’ouvrir et à lui confier l’histoire du massacre de sa famille. Un amour véritable naît alors entre eux. Maintenant, ils peuvent donner à Vincent une vraie place dans leur vie. Et la photo de famille est rangée.

 

Mise en scène et problématique

Cette première pièce d’un jeune auteur, Richard Kalinoski, a été créée aux Etats-Unis en 1995, reprise par Irina Brook à Londres en 1996, à Bobigny en 1998 puis en 2001 au théâtre de l’œuvre.Irina Brook réussit à mettre en scène dans un équilibre à la fois tragique et comique, la chronique bouleversante d’un couple d’immigrés arméniens dans laquelle nous pouvons repérer certains mécanismes psychiques de survie qui résultent du déni de leur histoire collective.En effet, si les massacres ôtent la vie en détruisant les corps, longtemps après ils hantent encore les esprits de la descendance jusqu’à empêcher ceux-ci d’en finir le deuil...

 

Les personnages mis en scène : Séta et Aram Tomassian sont l’archétype des couples de rescapés du génocide arménien perpétré en 1915, par le mouvement Jeunes Turcs " Union et Progrès ". En effet, ils sont confrontés à l’extrême difficulté de préserver leurs identités enclavées dans le déni de la réalité de ce qu’ils ont vécu, déni qui ne cesse de se perpétuer chez les descendants.Les questions identitaires et de l’intégration relatives à cette pièce relèvent d’une actualité à laquelle bien des peuples peuvent se reconnaître. D’une photo à l’autre, de celle d’une famille décapitée à celle du sourire d’un couple et d’un enfant, c’est le poids du symbolique qui devra se résoudre dans la force affective.Ainsi va l’enjeu de cette rencontre entre Aram et Seta où paroles et silence jouent à cache-cache pour tenter de dissimuler à tort les racines d’une douleur partagée par l’ensemble des peuples opprimés.

 

L’attente, l’espoir mais aussi la déception sont exprimés avec émotion et finesse. Les rires des spectateurs, de par certaines répliques pleines d’humour se mêlent sans inconvenance à la tragédie de la vie de ce couple, enfouie dans une douleur sourde mais qui toutefois ne dissipe pas leur volonté opiniâtre de continuer à vivre. "Il faut savoir cacher ses larmes, garder la face, taire ses cris de haine " [*]. En effet, le drame de ce couple est exemplaire dans le fait que la plainte n’a pas de place.Le génocide arménien de 1915 les a placés face à face, un siècle plus tard là-bas aux Etats-Unis en proie avec leurs oppressions respectives, mais aussi avec un immense amour à oser faire éclore.  

 

Les comédiens

Simon Abkarian, Corinne Jaber, incarnent magnifiquement la subtilité des sentiments qui cherchent maladroitement à s’apprivoiser, évoluant sans cesse sur le fil de la rupture. Ils font vivre un texte particulièrement juste dans l’expression de sentiments violents et contenus qui habitent leur personnage.Lui arménien du Liban, elle syrienne d’Allemagne, ils apportent cet élan de dignité retenue, sachant affronter avec perspicacité, l’hostilité latente.Loin des sirènes du cynisme universel, s’ouvre comme une plage de vérité indicible qu’Irina Brook aura su découvrir, réunir, mettre en valeur.

 

Interrogations de la pièce

Comment continuer à vivre quand les morts sont restés sans sépultures ? Comment des parents peuvent à leur tour investir leurs enfants quand ils sont pris dans un héritage où les scènes de viols, les corps assoiffés, les têtes tranchées, envahissent leur vie psychique, ne laissant plus de place aux fondements de la vie ?Comment les hommes peuvent-ils être garants de lois interdictrices, quand eux-mêmes ont été victimes d’un crime impuni ?

ARAM Dossier Film

 

Fiche Technique

Durée : 1h 30 Sortie France : le 27/11/2002Distribution BAC Films, FranceLes films A4, Canal +, Studio Canal. Site officiel du film : http://www.bacfilms.com/aram

 

Synopsis

Une nuit, un homme débarque clandestinement au Havre. Il s’appelle Aram, et son arrivée fait l’objet d’une surveillance des services secrets. Ancien militant de la cause arménienne en France et disparu pendant la guerre de libération du Haut-Karabagh, Aram vient à Paris pour assurer un achat d’armes avec une organisation kurde.

 

Il veut surtout régler une fois pour toutes le drame qui marque sa vie d’exilé et venger son frère Lévon, paralysé depuis un attentat. Talaat, le chef d’une organisation d’extrême droite turque, fait échouer la transaction d’armes. Aram tente de l’éliminer, et poursuit sa mission. Il retrouve sa sœur Méliné. La jeune femme, sur le point de se marier, supplie Aram de revoir son père, qui l’a toujours tenu comme responsable et le bannit. Aram devra payer le prix du pardon...Le Réalisateur, Robert Kéchichian

 

Le Casting 

Aram - Simon Abkarian  Méliné - Lubna Azabal  Miran - Alain Mottet  Talaat - Serge Avédikian  M. Paul - Gilles Arbona  Anouche - Isabelle Sadoyan  Mehmet - Olivier Loustau

 

Interview de Robert Kéchichian, Réalisateur d’Aram 

 

Pourquoi ce titre ARAM ?

ARAM, c’était le prénom de mon père. Lorsqu’il est arrivé en France avec son frère, ils devaient avoir 14 et 16 ans. Ils étaient orphelins.Après avoir travaillé dans les mines et comme ouvriers agricoles, ils se sont installés à Arles.S’appeler "Aram" ou "Ovahnes", être arménien dans cette petite ville avant la seconde guerre mondiale, la plupart des gens ne savaient pas ce que cela signifiait, j’imagine que ce ne devait pas être facile. Je pense qu’ils en auront souffert.

 

Aussi, plutôt que d’être humilié au quotidien sur son prénom, mon père, quand il est revenu d’Allemagne après sa libération, a choisi "Armand" comme prénom. C’est comme ça que l’appelaient ses compagnons de captivité.Ma mère, elle, c’était "Hranthoui". Ils se sont mariés sur photographies. Elle est arrivée de Turquie. Ils ont eu sept enfants à qui ils n’ont donné que des prénoms français... vous aurez compris pourquoi et pourquoi le titre.

 

Qu’est-ce qui a poussé son fils à réaliser ce film ? 

C’est un hommage à ma famille, une famille heureuse et digne fauchée par le drame.ARAM, c’est comme une tragédie antique : fatalité, violences, passions, haines, incompréhensions et sang versé, son cortège de deuils qui n’en finit jamais.C’est aussi, je l’espère, amour, engagement et amitié indéfectibles. Une interrogation sur la violence, et les victimes de cette violence. Pourquoi ? Comment peut-on en arriver là ? La face sombre de notre humanité.

 

Mais c’est surtout, l’histoire d’un bannissement, un père renie son fils.En le faisant, j’espère avoir honoré mon père qui aurait pu me bannir et qui ne l’a pas fait.ARAM c’est le prix du pardon, le cri d’amour d’un fils sur ce que nous ne nous sommes jamais dit mon père et moi. Ce film est une expiation.

 

Pouvez-vous nous parler du choix des comédiens ?

Je voudrais d’abord remercier tous les acteurs du film pour tout ce qu’ils m’ont donné pendant le tournage. J’ai écrit cette histoire sans jamais penser à des comédiens.Les visages des personnages m’étaient soit totalement inconnus, ou au contraire, extrêmement familiers comme celui de Fodil Bouchaour, qui était mon meilleur ami.Quand les producteurs d’ARAM ont lu la première version du scénario, ils ont pensé que le casting du film ne devait pas avoir de "vedettes". C’était aussi mon souhait.

 

J’avais pourtant le désir de travailler avec deux "comédiens connus" qui me touchent particulièrement.Heureusement, mes producteurs sont restés fermes sur leur choix. Sans cela, le film n’aurait pas été ce qu’il est aujourd’hui.J’ai travaillé avec deux directeurs de casting : Yann Coridian et Swan Pham. Ils ont eu, tous deux, une vision juste des personnages. L’un comme l’autre m’ont fait de très belles suggestions. Par exemple, c’est Yann qui m’a proposé Smaïl Mekki pour Fodil. Swan a trouvé Gilles Arbona pour M. Paul.J’avais imaginé le casting autour des familles.La famille de Miran Sarkissian, les militants arméniens, les amis d’Aram, Talaat et les Loups Noirs, M. Paul et la DST, les Kurdes...

 

Je désirais que ces familles soient justes en leur sein et cohérentes entre elles, toutes devaient être très fortes.J’avais vu Simon Abkarian au théâtre de Bobigny dans "Une bête sur la lune". À l’époque, je ne pensais pas à lui pour le rôle d’Aram. Deux ans plus tard, quand la pièce a connu le succès que l’on sait, je l’ai revue. Nous nous sommes rencontrés et j’ai pu lui dire combien j’avais été touché et ému par son interprétation. Nous avons beaucoup parlé...Il a évoqué la mémoire de son père. J’ai cru entendre mes propres mots. Ce n’était que des mots d’amour filial et d’émotions. Il était Aram.

 

C’est autour de Simon que j’ai construit la famille Sarkissian. Je ne souhaitais pas avoir que des comédiens d’origine arménienne. Isabelle Sadoyan s’est pourtant imposée comme la tante Anouche. C’est une grande actrice. J’avais deux images du père : le mien et le père d’un ami, un monsieur d’une grande dignité physique et morale. Il y avait très peu de comédiens français de cette génération qui leur ressemblaient.À trois semaines du tournage, je n’avais toujours pas Miran Sarkissian. Cela devenait très inquiétant.

 

J’ai vu un jour arriver Alain Mottet dans le bureau. Il me rappelait physiquement monsieur Maurice, le père de mon ami. Un visage fait de belles rides, qui racontait la vie. Il avait accepté de me rencontrer, comme tous les autres comédiens, sans rien connaître du scénario. Je lui ai parlé de l’histoire et je lui ai inf ligé la pire chose qui soit pour un acteur : la lecture d’une séquence sans préparation. Il était très tendu. Il a lu la scène, s’est excusé de n’avoir pas pu faire mieux. Moi j’avais j’en étais certain trouvé le père.

 

Méliné, c’est Lubna Azabal. Une jeune femme discrètement belle et déterminée. Elle devait être respectueuse du père et des traditions, mais aussi totalement rebelle et moderne. Quand elle s’est présentée pour les essais, j’ai cru voir la sœur de Simon. Elle a joué tout en retenue la scène du bord de l’écluse où elle retrouve son frère après des années d’absence. Elle semblait avoir tout compris de ce que j’attendais du personnage de Méliné. Ils ont été, Simon et elle, bouleversants de réalisme. Lubna a un talent discret et ravageur. Elle a tout compris de son métier d’actrice. Elle n’a pas oublié d’où elle vient. C’est sa grande force.

 

Mathieu Demy en Lévon, un acteur que l’on doit découvrir. Il cache une grande sensibilité derrière un humour léger et caustique. Il a su donner à Lévon toute la détresse de son infirmité et sa joie. Je me souviendrai très longtemps du regard qu’il donne à son frère quand il le revoit, et son sourire quand sa tante le sort du bain.

 

Serge Avédikian est l’exemple même de l’inattendu dans ma réflexion sur le casting. J’avais imaginé Serge dans le rôle de Kavedjian. Serge, je l’ai connu très tôt alors qu’il n’était encore qu’un comédien débutant. Il avait la fougue et le romantisme des grands tragiques. Dans la vie, il aime la rhétorique, c’est un beau parleur, un avocat. J’avais imaginé Kavedjian comme un as du barreau façon Maître Lombard. Il était parfait pour le personnage et d’accord pour l’interpréter.

 

Et puis, la catastrophe. Les deux comédiens que j’avais pressentis pour le rôle de Talaat n’étaient pas libres.Pour moi Talaat, c’était un aristocrate, un homme raffiné et élégant, d’une grande culture, qui aime les femmes. Mais un homme dangereux et brutal, un théoricien d’extrême droite qui ne craint jamais d’exécuter les pires choses pour ses idées et ses passions. Lorsque Serge a su que je n’avais plus Talaat, il m’a proposé de faire les essais. J’ai été très surpris à l’idée de voir un fils de réfugié arménien progressiste se proposer d’interpréter un homme d’extrême droite. La suite est très simple.

 

Les producteurs ont vu les essais filmés, des différents comédiens. Pour eux, c’était Serge. Ils ne l’avaient pas reconnu. Je n’avais rien dit. C’est ça la richesse du métier d’acteur : être capable de jouer contre nature.A propos de nature, j’ai une grande tendresse pour celle de M. Paul. Simon Abkarian a évoqué la mémoire de son père. J’ai cru entendre mes propres mots. Ce n’était que des mots d’amour filial et d’émotions. Il était Aram.Ce patron de la DST, inflexible et retors, entièrement dévoué au service de l’Etat. Pourtant, dès sa première apparition dans le couloir de l’hôpital, on devine chez lui de l’humanité.

 

Quand il croise Miran Sarkissian, ce n’est pas au père du terroriste qu’il s’adresse, mais simplement à un père dont le fils est mourant et dont il devine la douleur.Gilles Arbona, un vrai bonheur pour un metteur en scène : attentif, concentré, sobre. Une personnalité très généreuse et d’une grande élégance. Un visage hors du commun, mystérieux, qui a su donner à M. Paul plus que je ne pouvais espérer.On peut remarquer le soin apporté à la lumière du film, et plus généralement à l’image…L’atmosphère d’un film naît de l’apparition d’une lumière, d’un œil qui regarde.

 

L’image du film, je l’ai confiée à Laurent Dailland. Nous nous connaissons depuis de nombreuses années. Nous avons souvent travaillé ensemble. Au fil du temps, notre camaraderie professionnelle s’est transformée en amitié. Il était déjà le directeur de la photographie de mon court métrage. Il y a dans la lumière de Laurent une prise de risque permanente. Je pense en particulier à son travail sur "Place Vendôme". Une image tellement singulière, osée et pourtant tellement juste dans le propos. Laurent connaît très bien mes obsessions et l’univers qui me hante. Il sait mon goût du film noir, mes références cinématographiques et littéraires. Je désirais des cadrages sobres. Une photographie épurée et flamboyante à la fois, notamment pour les scènes de mariage.Une image qui raconterait en couleurs ce film sombre. Il a su trouver cette lumière.Il aura été le stylo fraternel et talentueux des images du film. Mon œil et ma lumière.

 

La musique d’ARAM ?

Quand une musique court longtemps avec le temps, on dit qu’elle est traditionnelle. Elle est mémoire. C’est pourquoi la musique arménienne est souvent une longue plainte, elle se rappelle les souffrances de son peuple.