Centre d'Orientation pour Etudiants Arméniens - COPEA
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Lé génocide arménien

Les faits historiques et les aspects juridiques


Au début du XIX ème siècle, les Arméniens étaient dispersés entre la Russie et l’Empire ottoman. Ce dernier exerçait sa domination sur de nombreuses minorités chrétiennes, mais tant que le sultanat se sentait fort, les chrétiens vivaient dans une relative sécurité en contrepartie d’un statut d’infériorité et d’exactions répétées. 
En 1821, la Grèce déclare son indépendance, cette date marquera le début du démembrement de l’Empire ottoman. Celui-ci devint un rempart entre les prétentions territoriales de l’Empire soviétique et les Puissances européennes. Le sultanat ne devait sa survie qu’à la rivalité entre les grandes puissances des pays européens.


C’est dans ce contexte géopolitique que le problème des minorités et notamment la question arménienne va prendre de l’ampleur. 
La Turquie représentait une véritable mosaïque de populations chrétiennes : grecques, slaves, syriaques, arméniennes et musulmanes : turcs, kurdes, arabes. Elle lancera sa répression contre les Arméniens ; 1894 marquera une première étape au début du projet génocidaire. Le sultan Abdul-Hamid décrétait l’élimination totale des Arméniens de l’Empire ottoman.


Entre 1894 et 1896, 300 000 Arméniens ont péri dans ces massacres. Le processus génocidaire était déclenché, appuyé par le silence des grandes puissances, ce qui encourageait le sultan rouge a progresser dans sa détermination. 
Mais le régime instable et corrompu du sultan ne lui a pas permis de mener son ambition à son terme. La perte de ses provinces balkaniques incitait la Turquie à se tourner vers ses origines, la doctrine du panturquisme était née. Elle considérait la race turque comme supérieure, les autres peuples devaient être soit expulsés soit exterminés.


En avril 1909, Adana fut le siège d’un second massacre organisé : Plus de 30 000 victimes furent l’objet de cette nouvelle vague de tuerie. Paradoxalement cet événement se déroulait à une période où le Comité Union et Progrès reléguant le sultan à un rôle symbolique, développa des idées démocratiques reposant sur des principes de laïcité.
Les Arméniens n’y virent qu’une résurgence passagère du régime traditionaliste d’alors. 


Les Jeunes turcs, dirigeants du Comité Union et Progrès profitaient de ce que la Première Guerre Mondiale fut déclarée pour en finir radicalement avec leurs ennemis intérieurs (les Arméniens et d’autres minorités chrétiennes) sans être gênés par d’éventuelles interventions diplomatiques extérieures. Il y avait à cette époque 2 millions d’Arméniens dans l’Empire ottoman et 1,5 millions en Russie.

En septembre 1914, le ministre de l’Intérieur Talaat demande aux autorités provinciales de garder sous surveillance les dirigeants politiques et communautaires arméniens. 


Lorsque la Turquie entre en guerre au côté de l’Allemagne, elle prend des mesures d’urgence qui privent la population arménienne de ses biens. Les réquisitions et les exactions atteignent leur paroxysme, lorsque le 24 avril 1915, des milliers d’intellectuels et notables arméniens sont arrêtés puis exécutés.

Dans un mémorandum en date du 26 mai 1915 le ministre de l’Intérieur demande au Grand Vizir la promulgation d’urgence d’une " Loi provisoire de déportation " dès le 27 mai [*]. 


Elle entraîna des déportations massives des populations arméniennes. Les routes que les déportés empruntaient, étaient programmées. Les Arméniens étaient envoyés depuis Alep jusque dans les déserts de Syrie ou de Mésopotamie. 1 500 000 Arméniens furent anéantis. 
En trois mois " l’affaire " était pratiquement réglée. En 1915, dans l’empire ottoman, les corps des Arméniens s’entassaient le long des routes, peuplaient les déserts de Syrie ou partaient à la dérive dans les eaux de l’Euphrate. 


La détermination de cette entreprise génocidaire menée par Taalat, Envers, ministre de la guerre et Djemal, ministre de la Marine fut énoncée dans une déclaration célèbre du premier. Le 15 septembre 1915, Taalat déclarait sans hésiter : " Il a été précédemment communiqué que le gouvernement a décidé d’exterminer entièrement les Arméniens habitant en Turquie ? Sans égards pour les femmes, les enfants, les infirmes, quelque tragique que puissent être les moyens d’extermination, sans écouter les sentiments de la conscience il faut mettre fin à leur existence ".


Cette déclaration tristement célèbre n’est pas restée sans écho puisque le 22 août 1929, Hitler déclarait : " Notre force doit résider dans notre rapidité et notre brutalité. J’ai donné l’ordre à des unités spéciales de S.S. de se rendre sur le front polonais et de tuer sans pitié, hommes femmes et enfants. Qui parle encore aujourd’hui de l’extermination des Arméniens "


Les récits des survivants ne sont apparus que des années après [*].

Quant aux preuves et elles sont accablantes, les gouvernements turcs successifs ont oeuvré pour les détruire majoritairement. En revanche, les archives allemandes et américaines sont nombreuses et relatent entre autres les témoignages de plusieurs témoins oculaires comme le Pasteur allemand Johannes Lepsius, l’Ambassadeur des Etats-Unis Henri Morgenthau, le Consul américain Leslie A. Davis pour n’en mentionner qu’une infime minorité.


L’histoire se répétant tristement, il faudra malheureusement attendre la SHOAH pour qualifier la volonté d’un État d’éradiquer de la surface du monde tout un peuple, de GÉNOCIDE. Depuis 86 ans, les gouvernements turcs qui se sont succédés, maintiennent le déni sur cette réalité historique et perpétuent leurs manoeuvres négationnistes sur le génocide des Arméniens.


Définition du génocide dans le droit français

La réforme du code pénal mentionne dans le livre II ème intitulé " Des crimes et délits contre les personnes " l’article 211-1 " Du génocide " qui figure au chapitre 1er, s’intitulant " Des crimes contre l’humanité ". Cet article, en date du 22 mai 1996, s’aligne sur la résolution 955 du Conseil de sécurité des Nations unies, instituant un tribunal international en vue de juger des personnes présumées responsables d’actes de génocide et d’autres violations graves du droit international.


Constitue un génocide le fait, en exécution d’un plan concerté tendant à la destruction totale ou partielle d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux ou d’un groupe déterminé à partir de tout autre critère arbitraire, de commettre ou de faire commettre à l’encontre de membres de ce groupe, l’un des actes suivants : 
* atteinte volontaire à la vie 
* atteinte grave à l’intégrité physique 
* soumission à des conditions d’existence de nature à entraîner la destruction totale ou partielle du groupe 
* mesure visant à entraver les naissances 
* transfert forcé d’enfants

 

Le droit français fait la distinction entre le génocide et le crime contre l’humanité. Pour le législateur, le génocide atteint un groupe de sujets tandis que le crime contre l’humanité vise un sujet. Cette dernière n’implique pas une idéologie concrétisée par un plan concerté. Alors que le génocide implique l’application d’un projet prémédité. L’un comme l’autre est puni de la même peine, soit la réclusion à perpétuité.

 

Ce qui les frappe c’est cette chose innommable, irreprésentable, qui s’impose à eux. Penser la mort, c’est la considérer comme l’objet d’une transgression, d’une représentation interdite. Pour eux, il n’est pas envisageable de mourir d’une autre mort ( d’un dysfonctionnement organique par exemple) que d’une mort consécutive à un meurtre impuni.

 

Reconnaissance du génocide arménien


En France

Loi n° 2001-70 du 29 janvier 2001 
Loi relative à la reconnaissance du génocide arménien de 1915

Article 1 
La France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915.

Par le Président de la République : Jacques Chirac 
Le Premier ministre, Lionel Jospin


Travaux préparatoires : loi n° 2001-70.

Sénat : 
Proposition de loi n° 60 (2000-2001) ; 
Discussion et adoption le 7 novembre 2000.

Assemblée nationale : 
Proposition de loi, adoptée par le Sénat, n° 2688 ; 
Rapport de M. François Rochebloine, au nom de la commission des affaires étrangères, n° 2855 ; 
Discussion et adoption le 18 janvier 2001.

 

Dans le monde

 

 

Les conséquences du crime et du déni


Analyse des effets du génocide sur le peuple arménien


Source : http://www.oedipe.org/ 
Auteur : Hasmig Krikorian


Le projet génocidaire est un meurtre organisé destiné à détruire un groupe humain. Il recèle un indice particulier, celui de laisser les morts sans sépulture. 
L’histoire du XX ème siècle témoigne de ce fait, qu’il s’agisse du génocide des juifs, plus récemment de celui des Tutsis au Rwanda en septembre 1994. Ce ne sont que des hordes de cadavres laissés sur place, des charniers découverts quelques mois après les crimes où les corps mal ensevelis apparaissent sous un sol défriché.

L’extermination du peuple arménien relevait de la part du gouvernement Jeunes Turcs d’une volonté délibérée d’effacer toute trace de leur passage sur cette terre, niant le fait que ce peuple a vécu durant des millénaires doté d’une culture, d’une langue et d’une religion. En Turquie, aucun cimetière, aucune stèle n’a vu le jour pour symboliser la mort des victimes. Par conséquent, la trace de leurs existences passées n’étant inscrite nulle part, rend leur mort non-advenue comme si les Arméniens exterminés n’étaient pas morts.


Le gouvernement Jeune Turc leur a attribué une place de morts-vivants et tué la mort dans son essence même, comme garante d’une entité symbolique.

Le génocide est une méthode d’exécution qui procède d’une négation de la mort. Ces morts laissés sans sépulture ont pour effet chez les survivants et leurs descendants d’une destructuration de leur subjectivité du temps vécu. Le projet génocidaire est un meurtre organisé destiné à détruire un groupe humain. Il recèle un indice particulier, celui de laisser les morts sans sépulture. 
L’histoire du XX ème siècle témoigne de ce fait, qu’il s’agisse du génocide des juifs, plus récemment de celui des Tutsis au Rwanda en septembre 1994. Ce ne sont que des hordes de cadavres laissés sur place, des charniers découverts quelques mois après les crimes où les corps mal ensevelis apparaissent sous un sol défriché.

La temporalité est l’indice premier de l’existence d’un sujet. La vie et la mort qui sont deux réalités bien distinctes de l’axe du temps, viennent violemment se télescoper dans la psyché des héritiers du génocide. Ce télescopage entraîne un état de confusion opaque et omnipotent qui prive la pensée de toute représentation d’un à-venir ; il n’y a pas de futur possible. 


En effet, comment peut-on se représenter le futur lorsque le passé et la mort ne sont pas pensables comme deux entités réelles différentes qui suivent la ligne du temps ?

Dans ce schéma de représentations, la vie et la mort se confondent et par conséquent elles s’annulent.
Une sépulture est un repère spatial puisqu’elle marque en un lieu déterminé, l’existence passée d’un sujet. Elle est aussi un repère temporel du fait que les dates de naissance et de mort du défunt y sont inscrites. Si les hommes ont choisi d’enterrer leurs morts, c’est parce que cet acte symbolique a pour fonction de poser des limites et de créer des ouvertures qui ordonnent les générations et d’inscrire symboliquement l’existence des siens.


Dans un article intitulé " Le sperme et le sang ", Françoise Héritier-Augé rapporte que dans les civilisations sumériennes et égyptiennes, la conservation intégrale des ossements des ancêtres garantit la liaison entre les vivants et les morts. " Les morts non enterrés deviennent des spectres errants incapables de rejoindre dans l’En-bas les esprits de leur groupe familial [iv] ".
Le souverain Assumbanipal obligeait les fils vaincus des ennemis morts à piler dans un mortier les ossements déterrés de leurs pères. Par ce châtiment post mortem, il contraignait les fils à se couper eux-mêmes de leurs racines. Ainsi, détruisant les fondements de leur lignée, ils s’anéantissent. 
Dans un autre texte qui introduit la question de la parenté, de la filiation et de la transmission, l’auteur relate qu’en Chine, on enterrait ses morts au sommet des collines dans des lieux d’une grande beauté afin que " le souffle émanant des ossements vienne sans peine féconder les descendants [v] ".


Un temps suspendu


Comment peut-on exister à son tour quand la mémoire de ses ascendants est falsifiée et effacée ? Le projet génocidaire n’est qu’une succession de déliaisons en masse, qui rompt définitivement la chaîne de transmission.
Nous avons à faire à un effet psychotisant où la subjectivité du temps vécu ne progresse pas sur l’axe linéaire du temps mais évolue selon une trajectoire circulaire. 
La perspective que Piera Aulagnier a développée sur la question de la temporalité m’intéresse ici tout particulièrement. Dans " l’Apprenti historien et le Maître sorcier ", elle rapporte les propos d’un de ses patients psychotiques -Philippe- qui ne parvient pas à élaborer une relation à la temporalité. 


C’est ainsi que Philippe confie : " Le temps est un faux mouvement, on croit qu’il bouge, mais ce n’est pas vrai. Je vous l’ai déjà dit, pour moi le temps est circulaire. 
Je ne peux pas faire une différence entre le passé et le futur. Je ne peux pas plus faire une différence entre la vie et la mort. Je ne comprends rien à toutes ces dualités : passé / présent, vie / mort, homme / femme ? S’il y a quelque chose de différent de la vie, ce n’est pas la mort, mais autre chose, je ne sais pas quoi [vi] ". 
Cette mise en rapport du sujet à la question du temps, suppose la présence d’un projet identificatoire et d’une histoire sur son passé infantile ; ce qui implique qu’au préalable, le temps passé ne soit pas pensé comme un temps disparu. Seul le temps repris dans une ré-interprétation de son histoire vécue, comme il peut l’être dans l’analyse, peut se conserver. De sorte que les expériences du passé sont mobilisées, transformées et peuvent s’ancrer vivantes dans le présent [vii].


Un autre préalable doit être requis : que le sujet soit reconnu comme un individu à part entière, qu’il soit investi pour lui-même. C’est pourquoi je pense qu’il est impossible de reprendre un héritage commun et de le faire progresser dans une filiation à partir d’une place qui n’est pas la sienne. 
Mais quand un sujet incarne la place d’un mort, il se situe dans une impasse qui l’empêche d’accéder à toute conflictualité oedipienne structurante. 
Dans la pièce "Une Bête sur la lune", en plaçant sa photo à la place du visage de son père, Aram ne se reconnaît pas comme étant le fils de mais comme sujet devant remplacer son père mort. En ce lieu, l’errance dans une aire incestueuse est garantie.

Considérons la famille comme un puzzle où chaque membre est l’une des pièces distinctes de cet assemblage composite. Lorsque les pièces du puzzle sont interchangeables, on assiste à l’organisation d’une structure perverse. 


Ne pouvoir parler en son nom propre, mais parler au nom de ses morts, interdit Aram de s’approprier la réalité de son histoire, dénoncer ce qui relève de l’interdit et de pouvoir réclamer des comptes. Pour lui, accéder à une temporalité qui lui soit propre et inscrire la mort dans un registre symbolique, signifierait sortir d’un temps suspendu, telle l’éternité d’un deuil impossible.

C’est un double meurtre qui s’exerce ainsi sur les survivants et les héritiers du génocide. Prostrés dans un état de sidération, puisque ce meurtre dénié les empêche de se déprendre des scènes traumatiques vécues ou transmises. La vie est réduite à la souffrance du passé, confinée dans le registre du besoin et déliée du champ du désir.


Des corps, gardiens du cimentière


Dans son ouvrage intitulé " Génocide et Transmission ", Hélène Piralian, examine la destruction des fondements de la transmission qui s’opère dans tout projet génocidaire. Elle soutient entre autres, l’hypothèse suivante : Les héritiers du génocide, faute de pouvoir inscrire symboliquement leurs morts, les gardent en eux en les incorporant pour les empêcher de disparaître [viii]. 
Leur mort est ainsi gardée mais non intégrée, seulement mise en suspens. Car accepter cette mort déniée reviendrait à ratifier l’effacement d’une partie de l’histoire des Arméniens. 

C’est ce qui conduit les héritiers à s’offrir comme tombeaux des défunts. Leurs morts sont enclavés dans leurs corps, la seule façon de se souvenir des siens de façon vivante. 


C’est à ce niveau que la violence se situe. Nicolas Abraham qui a décrit précisément la question du deuil pathologique et développé les notions d’encryptement, d’introjection et d’incorporation, a développé dans le passage intitulé " Deuil et mélancolie " l’idée qui suit : "le moi va fusionner avec l’objet inclus qu’il imagine esseulé de lui et va commencer au grand jour un "deuil" interminable. Il va colporter sa tristesse, sa plaie béante, sa culpabilité universelle. Mettre en scène le deuil que le sujet prête à l’objet l’ayant perdu, n’est ce pas la seule manière qui lui reste encore de revivre [ix] ". 

 

Les héritiers du génocide ont leur pensée sidérée à chaque fois que la mort fait retour dans le réel réactivant les évènements de leur histoire collective. A la fois dans leur réalité extérieure, chaque fois qu’ils seront confrontés à la perte et dans leur espace psychique interne, ce lieu peuplé de fantômes. 

 

Veillée organisée par : COPEA, DA-connexion, JAF, Nazarpek, FRA Nor Seround, UCJA, UGAB, Homenetmen France

 



Les oeuvres relatant le génocide


En chanson :

 "Ils sont tombés" - Aznavour/Garvarentz 
 "Genocide" - No One Is Innocent 
 "Anotherland" - No One Is Innocent 
 "24 :04" - Blockade

Au cinéma :

 "Ararat" - Atom Egoyan

 "Aram" - Robert Kéchichian

Au théâtre :  "Une bête sur la lune"- Kalinosky/Irina Brook

 

 Parvis des Droits de l’Homme (2000)

Nos actions pour la cause arménienne


Actions facs


COPEA développe son champs d’action sur le terrain universitaire et s’engage dans une campagne de sensibilisation auprès des étudiants ainsi que des professeurs et maîtres de conférence en mettant en oeuvre des actions d’information sur le génocide arménien au sein des Universités parisiennes.

 22 avril 2004 : Journée d’action à la faculté Jean Monnet de Sceaux (Université Paris XI)

 


 Avril 2003 : Opération d’affichage dans les facs et les écoles parisiennes afin de sensibiliser les étudiants et universitaires aux problématiques relatives au génocide arménien.


Les veillées de la jeunesse arménienne


COPEA co-organise chaque année en partenariat avec d’autres associations de jeunesse arménienne, une veillée commémorative la nuit du 23 avril à Paris.


 
St Germain-des-Près 2003

Place de l’Église Saint-Germain des Près

Veillée organisée par : COPEA, DA-connexion, FRA Nor Seround, UCJA, UGAB jeunes, Homenetmen France

Programmation artistique : Shydak, Kemar, Yerso et Viken Tarpinian


 
Place de la Bastille 2002

 

Le sens de la Veillée - mardi 23 avril 2002 - Extrait du bulletin

«

Veillez les uns sur les autres car pour demain, rien n’est acquis.

Chaque génération hérite d’une mémoire. C’est cette mémoire que les jeunes Français d’origine arménienne questionnent aujourd’hui. 

 

La mémoire arménienne, dans le pays des droits de l’homme, revêt un sens tout particulier : celui du besoin de comprendre.

 

C’est à cela qu’encourage toute démocratie. Car le véritable ennemi de l’Arménien est aussi celui de l’humanité : l’ignorance, le mensonge, la souffrance, l’impunité.

 

Pourquoi des jeunes commémoreraient-ils un événement qui a eu lieu 100 ans auparavant ? C’est que l’humanité ignore les frontières du temps et de l’espace.

L’humanité exige un examen de conscience de chaque être humain, de chaque pays, chaque gouvernement qui doivent vivre ensemble. 

 

Ainsi, la quête de « reconnaissance du génocide arménien » est un désir de réconciliation avec sa mémoire. La jeunesse arménienne est en quête de cohérence, et elle a le pouvoir de pardonner, si le pardon est demandé. 

 

Il n’y a pas de haine dans ses yeux ; juste un désir de Vie. Car l’arménité n’est pas seulement mémoire de la souffrance et soif de justice : c’est un héritage épanouissant dans lequel la nouvelle génération des Français d’origine arménienne puise pour grandir.

L’arménité est une histoire d’amour, une fierté que la jeunesse veut faire vivre, partager et transmettre. Tel est le sens de la veillée. Car le 24 avril est aujourd’hui plus qu’une commémoration : c’est désormais l’expression d’un désir de Vie, une affirmation de soi. 

 

Et c’est aussi un appel ; celui de veiller les uns sur les autres, sur l’humanité ; car pour demain, rien n’est acquis. Mais tout reste à construire ».


Programmation artistique : Shydak, Scar 16, Ex Echo, Jo Corbeau, Blockade, Ardag, Navasart, ABCD Quartet, Lavach’ et Yerso.

 

 Place de la Bastille 2001

Veillée organisée par les associations de jeunesse arménienne : COPEA, DA-connexion, JAF, Nazarpek, FRA Nor Seround, UCJA, UGAB jeunes, Yan’s Club

Le sens de la veillée - lundi 23 avril 2001 - Extrait du bulletin

 

« Demain, ils vont tomber. Sans trop savoir pourquoi. Hommes, femmes et enfants qui ne voudraient que vivre. Ils vont tomber comme chaque année dans nos mémoires. Comme chaque fois qu’on tue un souvenir. Qu’on refoule la mémoire humaine.

A chaque veille de 24 avril, la jeunesse arménienne de France se réunit comme pour arrêter l’histoire. Suspendre le temps au fil de la mémoire et se lire dans les yeux : « C’est demain que tout commence … ».

 

C’est ce demain, la cause de mon exil, du voyage de mon grand-père, de la souffrance de tant d’autres.
C’est ce demain qu’on voudrait tout effacer. La quatrième génération est la dernière qui aura connu les témoins vivants du génocide des arméniens. C’est aussi la génération du recul ; celle qui prend de l’élan vers un avenir résolument tourné vers la Vie. Il n’y a pas de haine dans ses yeux ; juste un désir de vie.

 

Alors, chaque fois que l’Homme refoulera sa propre faute, d’autres seront là pour la lui rappeler. D’autres comme la France. Car l’humanité a une conscience. Et cette conscience doit être honorée.

 

Demain, ils vont tomber et personne ne voudra dire « pardon ». 
Alors, ce soir nous veillons ».

 

 

et débattre avec nos intervenants!

 



C.O.P.E.A crée le débat:

"Demain, la Turquie reconnaît

le Génocide Arménien... Et après?"


Vendredi 13 juin 2008

à 20h30

à la Maison des Etudiants Arméniens

57 boulevard Jourdan

Paris 14ème, RER:Cité Universitaire/ Métro: Porte d’Orléans

Thèmes:

- L’avenir de la diaspora:

Renaissance ou risque de disparition?

- Le droit à réparation: Réalité ou utopie?

 

Avec la participation de

Dzovinar Kévonian, Historienne

Varoujan Sarkissian, Docteur en Psychologie sociale

 

Venez nombreux exprimer vos idées